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Le Carnet de terrain

Le carnet de terrain se définit comme suit: « Sur un navire de commerce, registre sur lequel sont consignés les horaires de marche et les renseignements relatifs aux conditions de travail ». C’est aussi, familièrement, « un journal tenu au jour le jour de façon détaillée ». Dans ces deux approches, on note à la fois l’importance de la chronologie et de la datation ainsi que l’idée de consigner des expériences personnelles vécues et saisies dans l’instant.

Invariant de l’enquête ethnographique, le « carnet de terrain » ne quitte pas l’ethnographe tout au long de son enquête. Il lui sert à prendre des notes au vol, à tenir un vrai journal, à transcrire les entretiens, à dessiner une carte à main levée, un paysage, une scène de la vie quotidienne, un objet, à les décrire, etc.

Dans les ateliers d’ethnographie, chaque participant a son Carnet dans lequel il consigne les résultats de son enquête de terrain au fil du temps. La couverture est personnalisée: nom de l’apprenti ethnographe, désignation de l’espace exploré, dessin ou collage, période de l’enquête, etc.

 

Le Carnet sera d’autant plus complet qu’il contient:

  • des écrits: textes construits ou bribes, simples notes prises au vol. Garder toutes les traces d’écritures, mêmes celles qui ne sont pas abouties ou ne font pas sens dans le moment de l’enquête. On a le droit à l’erreur, l’important étant de voir comment la pratique de l’observation et de la description évolue et comme se construit la retranscription ;
  • des dessins: au crayon, pastel, marqueur, à l’aquarelle. Et aussi croquis, plans à main levée, etc. Tout dessin est assorti d’une légende ;
  • des photographies: photos personnelles ou prises lors de l’enquête. Collées telles quelles dans le carnet, ou bien photocopiées (ou scandées) et collées ensuite. On peut intervenir sur les photos, détourer les éléments importants ;
  • des collages de traces: tickets de caisse ou de transports, papiers d’emballage, etc. Chaque collage a sa légende.

 

L’écriture du Carnet convoque le « je » dans l’impression qu’il a du monde, dans sa capacité à restituer ce qu’il observe, et pas dans l’introspection.  Le Carnet peut accueillir de nombreuses formes d’écritures:

  • des notes prises sur le vif à la première personne du singulier, au présent ou au passé. Leur transcription, issue de l’observation de la réalité quotidienne, peut être « brute » (fiches, listes de lieux, de choses, etc.) ;
  • des énoncés ancrés dans la situation d’énonciation: tout carnet entretient une relation étroite avec les conditions d’écriture ;
  • des indices pour rendre repérable la situation d’énonciation ;
  • des indices de personnes: l’auteur est la personne qui fait le « voyage ». C’est « je », ou « nous » selon que le texte est le fruit d’un travail individuel ou collectif (la classe, le sous-groupe dans la classe) ;
  • des indices de temps: le texte est daté et/ou il réfère à des textes précédents (« Hier… ») ou bien dans une même journée, il indique un déroulement chronologique (« À midi… », « Le soir vers 20h… ») ;
  • des indices de lieux: les localisations géographiques doivent être très précises ;
  • une marque personnelle de l’écriture: des expressions, des marques de langage personnel ou collectif (le verlan) sont autorisés ;
  • la réflexion personnelle où l’auteur met en évidence son point de vue en utilisant la première personne du singulier ;
  • l’écriture poétique (les anaphores qui permettent l’énumération) ;
  • les légendes et commentaires de photos, croquis et dessins réalisés par l’auteur.
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