Navigation Menu+

L’engagement ethnographique

L’engagement ethnographique est au cœur de la démarche de l’ethnologue et c’est à cet engagement que l’association Ethnologues en herbe forme des jeunes.

Quand il commence un terrain d’enquête, l’ethnologue incarne un enquêteur qui se lance dans une observation prolongée de l’altérité, qu’il s’agisse d’une personne dont il souhaite collecter le récit de vie ou le parcours, d’une activité qu’il voudrait décrire, d’un lieu dont il voudrait comprendre l’histoire et les enjeux, d’un événement dont il veut saisir les tenants et aboutissants. Alors l’observation, la description, la compréhension des éléments de la culture s’ancrent dans la participation de l’ethnographe à l’action, elles sont le fruit d’une expérience vécue in situ. L’ethnographe se fond dans son terrain à l’appui de nouveaux savoir-faire, savoir-dire et savoir-être, pour saisir l’altérité dans son expression culturelle.

Ce mouvement de Soi vers l’Autre incarne un lien de Soi à l’Autre, pris dans une double logique, entre engagement ethnographique et distance méthodologique. L’ethnologue, y compris l’apprenti-ethnologue formé à cette position réflexive en usage dans les sciences sociales, collecte ses informations auprès de personnes qu’il se doit d’écouter avec attention, dont il retranscrira la parole avec respect et sans interprétation hâtive ni préjugé d’aucune sorte. L’enquête ethnographique est un apprentissage de l’observation et de l’écoute, une invitation au dialogue et au dépassement des préjugés. Il faut s’empêcher de se livrer trop vite à des lectures interprétatives des données récoltées, et surtout veiller à restituer dans le respect de l’Autre ce qu’on a pu voir et entendre. C’est donc à la fois la posture de l’ethnographe et ce dont il rend compte, qui forment l’engagement ethnographique

L’ethnographie s’appuie sur des savoir-voir (repérer les éléments de la culture au fondement de l’altérité), des savoir-dire et des savoir-être (adopter le langage, linguistique et/ou du corps, du terrain enquêté pour se faire accepter), des savoir-faire aussi (observation participante, récit de vie, monographie, etc.). Ces méthodes permettent à l’ethnographe de cultiver un regard de l’intérieur tout en se dotant d’outils d’analyse. L’engagement de l’ethnographe s’incarne à la fois dans l’action et la réflexion : le mouvement de Soi à l’Autre, et vice-versa, fait bouger les échanges, les déplace, les questionne dans une écoute et un respect mutuels.

Quand l’association Ethnologues en herbe forme des jeunes à l’enquête ethnographique, c’est à cet engagement-là, qu’elle invite.

"L’engagement ethnographique est au cœur de la démarche de..." Une réalisation Avec le soutien de