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Comment l’engagement peut-il aider à lutter contre le décrochage scolaire?

Posted on juil 3, 2014 by in Outils pédagogiques | 0 comments

A cette question, Medhi Cherfi, responsable du Service Académique d’Information et d’Orientation du rectorat de l’académie de Créteil, répond en abordant en premier lieu la relation entre orientation et décrochage scolaire. Déconstruisant au passage deux mythes qui nuisent à la compréhension des choix d’orientation, il défend la capacité de l’engagement à agir comme levier pour redonner aux élèves une motivation vis-à-vis de leur scolarité et une place au sein du collectif scolaire.

Avec son aimable autorisation, nous reproduisons ci-dessous sa contribution à la réflexion collective portée par le projet Créatifs et citoyens, les jeunes s’engagent! autour de la notion d’engagement :

L’orientation est souvent désignée comme étant la cause des difficultés des élèves et de leur manque d’investissement ou d’engagement dans leur scolarité. Le fait d’avoir été contraint à s’orienter vers telle ou telle filière ou de ne pas avoir obtenu l’affectation escomptée générerait une frustration, un manque de motivation ou un manque d’investissement source de décrochage scolaire. Les élèves ne s’intéressent pas à leurs études parce qu’ils ne savent pas à quoi elles servent, à quels métiers elles préparent.

 Pourtant, nombreuses sont les observations qui infirment cette idée. Les élèves qui « décrochent » au collège ou au lycée sont, la plupart du temps, des élèves qui étaient déjà en difficulté en primaire, parfois dès le CP. Ces difficultés qui s’expriment dès le plus jeune âge sont-elles à mettre sur le compte d’une mauvaise orientation ? Aurait-il fallu, dès le début de leur scolarité, les « orienter » vers une voie, vers un métier qui donne du sens à leurs apprentissages ? Par ailleurs, plusieurs études ont montré qu’il n’y avait aucune corrélation entre le rang du vœu sur lequel est affecté l’élève et sa propension au décrochage. Autrement dit, les élèves qui ont été affecté sur leur premier vœu décrochent tout autant que ceux qui sont affectés sur leur vœu 2 ou 3.

 La croyance largement répandue d’un lien fort entre orientation et décrochage est souvent le fait d’un certain nombre de mythes autour de la question de l’orientation :

  • Le mythe du métier idéal qui laisse penser que, pour chaque individu, un métier et un seul (un peu comme le prince charmant) est susceptible de lui convenir et de lui permettre de s’épanouir et qu’il suffit de « trouver » ce métier pour s’assurer une vie professionnelle heureuse. Or, il est évident que tout un chacun peut exercer différents métiers et s’y épanouir, qu’un même métier peut se révéler satisfaisant dans un contexte et source de souffrance dans un autre.

  • Le mythe du projet professionnel, source de motivation : l’absentéisme, l’absence d’investissement scolaire, le décrochage seraient liés au fait que les élèves ne savent pas quel métier ils souhaitent faire plus tard, qu’ils n’ont pas de projet professionnel ! Or, la plupart des très bons élèves n’ont absolument aucun projet de formation ou de métier. Ils apprennent par plaisir (expérience de réussite), pour faire plaisir (ou ne pas décevoir) à leurs parents ou leurs enseignants, par orgueil (ne pas être pris en flagrant délit d’ignorance), par goût de la compétition…

 La participation du SAIO à ce projet vise donc à montrer comment la question de l’ « engagement » peut jouer un rôle – parfois plus important que la question des choix ou non choix d’orientation – dans les phénomènes de décrochage. Ces derniers sont en effet une forme de désengagement ou d’absence d’engagement des élèves dans les apprentissages, dans la formation suivie, dans le collectif que représente la classe ou l’établissement, dans la scolarité d’une manière générale.

En lycée professionnel notamment, là où le décrochage est le plus important, plus que le fait d’« avoir un projet », l’important est d’aider les élèves à « être en projet », c’est-à-dire à avoir envie de faire des choses à court, moyen et long terme, à avoir envie de s’investir dans des réalisations parce qu’elles procurent un sentiment d’appartenance à un collectif, à une communauté dans laquelle on se sent reconnu et dans laquelle on acquiert un statut.

 L’un des objectifs de ce projet est de développer, à partir des témoignages recueillis, des exemples de pratiques et des outils qui favorisent, chez les élèves, cette disposition à s’engager dans le parcours qui est proposé et, chez les équipes, la volonté de proposer des actions permettant à leurs élèves d’avoir envie de s’engager.

Medhi Cherfi, responsable du SAIO.

 

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