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L’Enregistrement sonore

Pratique courante des ethnologues, l’enregistrement sonore permet d’être au plus près des témoignages dans la retranscription d’un entretien et la restitution des verbatim.

Généralement à l’aide d’un dictaphone ou magnétophone, l’ethnologue engagé sur son terrain recueille les mots, la parole, les discours des personnes enquêtées. L’enregistrement sonore présente comme premier intérêt méthodologique de libérer « la main et le regard » de l’ethnologue, qui est engagé dans un effort de tous les instants dans et par l’échange. Ce détachement de l’écrit, même si l’ethnologue a avec lui son carnet de terrain, permet aussi que l’échange se déroule dans des conditions qui se rapprochent de la « conversation naturelle ».

Quand elle vient en complément de l’écriture ethnographique, la technique de l’enregistrement sonore renseigne aussi sur le rythme du discours, ces éléments phoniques tout aussi importants que les mots (les silences, l’émotion dans la voix, les hésitations, etc.) à la compréhension de l’élaboration de la pensée de la personne enquêtée.

Rattachée à la démarche réflexive de l’ethnologie, l’écoute de l’enregistrement sonore permet à l’ethnologue d’affiner sa grille d’entretien et de neutraliser, si besoin est, les biais ou imprécisions qui peuvent en découler, et d’empêcher les tentations interprétatives.

Enfin l’écoute et la retranscription (intégrale ou partielle) du matériau linguistique réactive « la mémoire de l’instant ». En effet, les expressions du visage, les attitudes corporelles, l’état d’esprit du moment reviennent en mémoire et précisent la simple transcription écrite.

L’enregistreur peut être perçu comme un intrus dans la situation d’échange, l’ethnologue se doit donc d’informer son interlocuteur de l’utilisation de cet outil et de l’utilité de l’enregistrement sonore pour la démarche ethnographique. Basée sur le respect de l’Autre, la situation d’échange entre l’ethnologue et la personne enquêtée doit se dérouler dans la transparence et le dialogue pour éviter que l’interlocuteur adopte une posture de méfiance vis-à-vis de l’ethnologue.

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